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L’heure de panser les plaies
12e jour de course : Maisonneuve et la main vont mieux. © J-B. Dejeanty.Après le cauchemar du week-end, marqué, entre autres, par la perte d’une bonne partie de ses voiles d’avant, Jean-Baptiste et Maisonneuve se retapent. L’homme et la machine retrouvent des couleurs depuis dimanche. Neuvième au dernier pointage, le monocoque a terriblement souffert des conditions rencontrées depuis le départ, comme la grande majorité de ses adversaires. Au 12e jour de course, l’ambiance est bien meilleure à bord. “Le moral, qui en avait pris un bon coup, se redresse avec le baromètre et avec l’amélioration du temps. Les plaies sèchent, la cuisine tourne à plein régime et la musique aussi”, rassure Jean-Baptiste, dans son dernier message.
La Transat B to B, première du nom, est d’ores et déjà marquée par un sérieux cortège d’éclopés. Après les abandons de Brit Air (démâtage) et d’Ecover (soucis électriques graves), la liste des galériens s’est considérablement allongée ces derniers jours. Pour mémoire, Aviva a déchiré sa grand voile, Generali et Akena déplorent aussi de sérieux trous dans la garde robe, Safran navigue avec des soucis de quille et Gitana progresse sans girouette… Maisonneuve aussi a eu son lot gratiné de problèmes, dans cette navigation au près, dans des vents forts, où les machines ont souffert énormément. Vendredi, Jean-Baptiste faisait savoir que son étai de solent (voile d’avant) s’était arraché et que son génois commençait à se déchirer. Un temps contraint de naviguer sous grand voile seule, il a pu renvoyer de la toile samedi (foc de brise) et reprendre une progression normale au fil du week-end. Il est aujourd’hui en chasse pour la 8e place occupée par Yannick Bestaven (Cervin) à une soixantaine de milles devant lui. Etai de solent arraché et génois déchiré. © J-B.Dejeanty.“Des moments très difficiles” Pour Jean-Baptiste, l’accumulation des petits et gros soucis a été difficile à vivre samedi. Confronté par ailleurs à de sérieux soucis de batteries et à de nombreuses fuites l’obligeant à écoper, le skipper a accusé le coup moralement. “J’ai vécu des moments très difficiles ces derniers jours, où je n’ai pu qu’assister à la désintegration de mon bateau sans pouvoir y faire quoi que ce soit ! J’avais pourtant réussi à distancer mes adversaires depuis le pot au noir et me caler juste derriere le groupe de tête. Mais la violence des alizés contraires a causé un nombre impressionnant d’avaries sur le bateau. Je ne vais pas rentrer dans les détais mais tous les postes importants ont été touchés. Je n’ai pas cessé de réparer le materiel cassé et de vider le bateau de toute l’eau qui s’y engoufre ! Depuis 36 h c’est : réparer - vider - réparer - vider - réparer - vider…”
Bracelet porte-bonheur ? Dans des conditions plus calmes, le solitaire a pu progressivement limiter les dégâts. Mais il se prépare désormais à affronter une mer dure attendue pour la fin de son parcours dans le Golfe de Gascogne, d’ici trois jours. ” Je ne casse plus rien depuis 24 h. C’est la fête ! Le bateau est de nouveau rangé, mais son potentiel est très fortement dimininué, notamment par le fait que je n’ai plus de voiles d’avant, à part le génois à moitié éclaté. Pour le moment je temporise. J’arrive même à gagner des places et rattraper le groupe. Mais je risque de me ramasser cruellement au près dans le Gascogne…” Dans les heures qui viennent, Maisonneuve devrait rencontrer des vents plus portants de secteur Sud. Jean-Baptiste va en profiter pour reprendre encore des forces et panser ses propres plaies. Car le skipper souffre également d’une plaie récalcitrante à la main droite. “Mes soucis de peau sont devenus préoccupants et le médecin de la course a décidé de me passer sous antibio, à cause d’un staphylocoque qui s’est installé près d’une blessure.” Comble de l’ironie, c’est un petit bracelet brésilien porte-bonheur qui aurait infecté une banale coupure au poignet ! Comme quoi la superstition peut parfois porter malheur.
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