COMMUNIQUÉ DU 12 décembre 07

 

Au large du Finisterre

 

Alors que le leader Loïck Peyron maintient voir conforte son avance sur le duo le plus pressant, le groupe de tête approche de la pointe espagnole tandis que le peloton n'est qu'aux Açores, voir à la latitude de Madère... La situation météorologique sur l'Atlantique change totalement la donne : les écarts vont être conséquents à l'arrivée à Port la Forêt !

 

 

C'est mou par devant... et c'est mou par derrière ! Alors que les premiers atterrissent sur le cap Finisterre qu'ils devraient franchir en début d'après midi, la brise a sérieusement molli après une belle journée de navigation : plus de 380 milles parcouru par Loïck Peyron (Gitana Eigthy) en 24 heures ! Mais voilà : l'anticyclone fait encore des siennes en se déplaçant de l'Espagne vers la France ce jour, puis vers l'Angleterre demain et la Scandinavie ce week-end. Cela crée une barrière qui protège l'Europe en bloquant les dépressions atlantiques qui se succèdent au large de Terre-Neuve... Et elles sont plutôt "maouss costos" ! Ainsi, seuls ceux qui parviennent aux abords des Açores peuvent bénéficier d'un flux de secteur Sud, de l'archipel jusqu'à la péninsule ibérique. Pour les retardataires, c'est le marasme : pas d'alizés au large des Canaries et du vent faible et instable au Sud des Açores en raison de bulles sans vent... En bref, les premiers vont être ralentis au large de l'Espagne, les poursuivants vont revenir sur la tête de la flotte, le duo Davies-Bestaven va toucher du vent portant ce mercredi mais les derniers vont encore sérieusement peiner pour grimper jusqu'à l'archipel !


Vent frais, vent du matin...

Ce mercredi matin, la tête de la transat Ecover-BtoB progresse encore à une douzaine de noeuds dans un flux de secteur Sud d'une douzaine de noeuds... Mais dépasser la pointe espagnole pour entrer dans le golfe de Gascogne ne va pas être une sinécure ! La brise va mollir et tourner progressivement au Sud-Est en se renforçant de nouveau, une fois la longitude de La Corogne atteinte. Un nouveau coup d'accélérateur est donc prévu la nuit prochaine, mais le lever du jour au milieu du golfe demain s'annonce particulièrement frais ! Si ce ne sont pas les Quarantièmes, ça y ressemblera côté température... Y aura-t-il une ouverture pour Kito de Pavant (Groupe Bel) et pour Michel Desjoyeaux (Foncia) ? Difficile à dire car la seule réelle opportunité se joue ce mercredi dans cette phase de transition. Ensuite, une fois attrapé le flux de secteur Sud-Est, c'est tout droit dans un vent stable et travers... Plus d'options, que de la vitesse pure et pour l'instant, Loïck Peyron n'a jamais montré de déficit de potentiel. La place de dauphin est en revanche plus "open" puisque ses deux poursuivants sont à touche touche, à une cinquantaine de milles du leader.

Pour la suite, Yann Eliès commence à prendre de la marge sur Marc Guillemot (Safran) et le fait que la quille de ce dernier soit bloquée dans l'axe sera un handicap pour traverser le golfe de Gascogne, plus que l'absence de grandes voiles d'avant sur Generali. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) est déjà trop éloigné pour espérer un retour tandis que le match est intense entre Samantha Davies (Roxy) et Yannick Bestaven (Cervin EnR). Tout comme celui entre le duo Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve). Quant aux trois anglo-saxons, à 1 000 milles du premier, la situation n'est pas de tout repos ! Arriver à gagner dans le Nord alors qu'ils naviguent entre 1 et 8 noeuds n'est pas pour améliorer le moral du bord... A ce rythme, il leur faudra bien une bonne journée pour accrocher les vents de Sud des Açores mais s'ils auront ensuite le plaisir de surfer pendant 24 heures, la fin de course s'annonce beaucoup moins engageante avec du près face à un vent d'Est dans le golfe de Gascogne... Courage !

DBo.


Kito de Pavant (Groupe Bel)

" Décidement, depuis la mise à l'eau de Groupe Bel, toutes les navigations se sont déroulées sans lune. Le convoyage entre Port Camargue et Le Havre, la transat Jacques Vabre puis ce retour avec la transat Ecover-B2B et sans lune, la nuit, il fait noir ! Et noir, c'est noir... Et on fonce dans tout ce noir ! J'avais remis le gennaker en fin de journée à la faveur d'une accalmie et finalement, je l'ai gardé toute la nuit avec des pointes à 20 noeuds mais le bateau et le pilote ont l'air d'apprécier alors ne boudons pas leur plaisir ! Vivement que le jour se lève et en attendant, y'a la musique à fond dans le cockpit pour couvrir les gémissements de la structure du 60 pieds. "


Arnaud Boissières (Akena Vérandas)

" A bord d'Akena Vérandas, on a appelé SOS dépannage plomberie H24... Un des nombreux tuyaux a explosé à cause de la maltraitance de son navigateur impatient ! Alors a débarqué Cali le dépanneur plombier, au bout de deux heures, il nous a changé le tuyau, étanchéifié tout ça avec le kit plomberie (que l'équipe avait judicieusement prépari au cas où !). Finalement pas de facture... Il est en formation CAP plombier, on lui a payé un café, et il est parti... Pourtant, il me semble l'avoir déjà vu quelque part, cet oiseau ! Il s'en passe des choses dans une véranda Akena !!! Belle nuit noire, petite apparition de la lune et ça fait plaisir, un petit cargo, ça sent le retour à la civilisation... "


Samantha Davies (Roxy)

" It is extremely frustrating, in race terms, where I am right now. Everyone in front of me are speeding off to the finish in a different weather system. I am stuck in the transition of no wind, and everyone behind is catching up ! Luckily I have my friend Yannick Bestaven to keep me company ! Roxy has been slipping along gently all day, but the wind has been slowly decreasing. At sunset, we were almost stationary. However, everything around me is so amazing, that I can easily forget the stress of the race. The sky is so crystal clear that you can see for miles and miles, so far that you can see the tops of the clouds that are way beyond the horizon. Roxy is sailing like a dream, with the code 0 up, and a little keel to leeward, she slips along at 3 knots in only one knot of wind. Then, after sunset, I was inside the boat at the computer and I could hear the little squeak of dolphins chatting to each other. So I went on deck. The slither of the moon had already disappeared and the night was black, but I could sea streaks of light in the sea like litte torpedos. The dolphins played alongside Roxy and I perched on the edge of the deck to get as close to them as possible as they popped up to breathe next to me. It was just one of the many magic moments that are so precious and will stay in my memory for ever. As always, the dolphins were a good sign, and the wind started to increase, and now I've even got the keel up to windward! Maybe there's a way out of this trap after all ! "


Yannick Bestaven (Cervin EnR)

" J'attends que le vent mollisse un peu pour faire quelques réparations de-ci- de-là. Le bateau a souffert un peu dans ces conditions mais rien de bien grave qui ne l'empêche d'avancer... (ndlr : une rupture de bosse de ris, une poulie et le palan "d'arthur" explosés). Quand cette transat devient une course d'endurance, notre vieux coursier n'a pas dit sont dernier mot ! Le mât a bien été réparé à Bahia par Marie Anne qui est vraiment une orfèvre des matériaux composites. En fait la poulie qui tient la drisse de spi en tête de mât avait lâché et la drisse avait découpé la tête de mât sur 50 cm. Elle l'a réparé avec plusieurs couches de tissus carbone et de la colle. Pour cela, elle a dû passer beaucoup d'heures suspendue là haut en plein cagnard !!! Je passe beaucoup de temps à la table à cartes où je vais chercher sur Internet des sources météo différentes (Météo France, américaine, anglaise, allemande etc....) ensuite je compare les modèles et j’essaie de comprendre les différences lorsqu'il y en a. Je fais tourner des logiciels de routage avec les vitesses du bateau enregistrées ce qui me donne plusieurs routes en général, et comme la météo n'est pas une science exacte (et heureusement c'est ce qui fait le jeu) mon expérience de situations similaires et le feeling sont les facteurs déterminants au final. On n'a pas beaucoup de temps pour s'ennuyer à bord entre la gestion du bateau, les nombreux changements de voiles pour adapter la toile aux conditions météo, se nourrir puis se reposer pour récupérer entre chaque manoeuvre nous laisse peu de temps pour le loisir. "


Dee Caffari (Aviva)

" Je donne certainement l’impression de n’être jamais satisfaite. S’il y a trop de vent, je me plains, s’il n’y en a pas assez, je me plains. Hier, les conditions ont encore changé et sont probablement dans le haut de la liste des journées les plus frustrantes que j’ai jamais eues et ça continue ! A environ 6 heures du matin, je suis entrée dans un trou de vent. Je suis littéralement passée de 8 nœuds de vent à rien du tout. Tout autour il y avait un cercle de nuages et au-dessus d’Aviva, il n’y avait rien, sauf un grand ciel bleu. Les instruments affichaient entre un et trois nœuds de vent pendant plus de six heures avant qu’Aviva et moi ne recommencions à bouger. Ca a été douloureux d’autant que cela coïncidait avec les classements ce qui m’a confirmé que ce trou de vent m’était bien personnel et que tout le monde était bien passé à côté. J’étais verte. C’est tellement facile de perdre des milles dans ce jeu et ils sont tellement difficiles à récupérer. Le classement suivant montrait que certains des bateaux plus proches de moi avaient ralenti aussi, à mon grand soulagement. J’ai eu des visions où je ne finissais pas à temps pour le Vendée Globe même si j’arrivais à me qualifier ! Les petits airs, parsemés d’une petite brise constante, m’ont empoisonné l’existence. Chaque fois qu’il y a une petite brise régulière, je suis contente parce que je pense pouvoir dormir un peu et après, le vent disparaît encore. Alors maintenant, je suis en plus très fatiguée. Ces derniers 1 600 milles jusqu’à l’arrivée vont être les plus difficiles, comme c’est souvent le cas. Alors, s’il-te-plaît, Petit Papa Noël, apporte-moi du vent… »


Michel Desjoyeaux (Foncia)

« Je ne sais pas si c’est l’âge, mais je relativise. C’est sûr, le bateau est cassé, et ce n’est pas très joli. Je pourrais me flageller, mais franchement, je n’ai pas de raison d’aller mal. Sans ces voiles, je vais avoir moins de manœuvres à faire au portant… il y a quand même pire comme situation ! Depuis le milieu de la nuit d'hier, le vent est rentré, au dessus de 20 nœuds. On se faufile entre l’anticyclone et le front, dans une bande de vent de secteur Sud. La mer est courte, pas très bien rangée et ce n’est pas confortable. Je suis au portant sous grand-voile haute et solent, le bateau fait des pointes de vitesse à 18 nœuds. Le ciel commence à se charger. Je pense que nous allons pouvoir longer ce front sans trop se faire "cartoucher". Sur la transat Ecover-BtoB, je crois que tout le monde a eu son lot de soucis (démâtage de Brit Air, problème de voiles d’avant sur Generali, de vérins de quille sur Safran, de moteur sur Ecover, etc...). Quand on voit que Mike Golding jette l’éponge, un vieux briscard comme ça, d’habitude si dur au mal... De mon côté, le point positif, c’est que j’ai beaucoup appris sur le bateau. Quant aux deux démâtages sur la Barcelona World Race, il ne faut pas les mettre dans le même sac. J’ai suffisamment de détails sur celui de PRB (tête de mât cassée sur 3 mètres) et je m’y intéresse tout particulièrement car nous avons le même constructeur. En revanche, je ne sais pas pourquoi Delta Dore a perdu son mât. Il ne faut pas oublier que nous pratiquons un sport mécanique. Il faut faire avec, sinon, on ne le fait pas ! ».


Derek Hatfield (Spirit of Canada)

" The wind is back which does wonders for my motivation. No wind is stressful. I’m really missing that genoa now though as we are going upwind in 10-12 knots. The boat is not fully powered up but moving along well at between 6 & 10 knots upwind. I have the gennaker and spinnaker at the ready, if ever we get some downwind work. The weather files show at least two more days of this light air and then possible some sailing directly towards Port La Foret and the finish. It will be good to get this race over with and start working on the long list of improvements that we can make for the Vendee Globe. As I mentioned, this race has been a steep learning curve. I had an email from little Jack today (his mom actually); I guess they talk about Spirit of Canada and this race over dinner each night; and Jack had this question: "why is he going so slow?" I wonder that myself Jack but here is my answer: "tell Jack that if I could get it to go any faster be assured I would, I don't want to be out here any longer than I have to. (I miss Sarah too much). Unfortunately the autopilot that steers the boat has some work issues and doesn't do a very good job. He/she has turned the boat around a number of times when I've been sleeping and the result is broken equipment. Also, I don't have all the sails available now in some wind ranges due to damage to the forestay, so the boat is not performing at its best. AND, I need more practice. Otherwise, everything is fine on board. I have a leak in the ballast system that requires bailing about five buckets a day from the engine compartment, but otherwise we are ok. Take Care ! "

 

 

 

 

 

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14 décembre 07 - 22H05

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Finalmente, uma regata transatlântica que parte do Brasil…..betek Breizh !