Michel Desjoyeaux n'a rien pu faire et n'a pu que constater que son outrigger sous le vent (tube en carbone qui permet de tenir le mât latéralement) était cassé. Le mât est donc toujours en place mais le solitaire ne peut plus virer de bord au risque de voir le tube tomber à l'eau. Pour l'instant, Foncia peut faire route vers la ligne d'arrivée mouillée devant Port la Forêt et le skipper a choisi de naviguer légèrement au vent du cap direct pour conserver de la marge si le vent venait à tourner. Il devrait arriver dans ces conditions vers quatre heures du matin...
Il sera précédé par Kito de Pavant, Groupe Bel étant attendu vers trois heures du matin : le Méditerranéen prendrait ainsi la seconde place derrière Loïck Peyron, avec seulement trois heures d'écart après quatorze jours et demi de course.
Interview de Loïck Peyron (Gitana Eighty)
" Bien ! Belle arrivée, nocturne et fraîche... Une course très intéressante à plusieurs niveaux : d'abord parce qu'on avait tous besoin de faire une transat en solitaire sur ces bateaux là. J'avais vraiment envie de refaire du solitaire : je n'en avais pas fait depuis la première transat Jacques Vabre en 1993 ! Et puis c'est une confirmation que ces monocoques sont physiques mais en les gérant bien, on arrive à s'en sortir. Il ne faut pas se laisser dépasser par les évènements... Les ennuis peuvent venir très vite : c'est arrivé à Michel Desjoyeaux juste après mon arrivée puisqu'il a percuté un petit bateau de pêche... Et moi, la nuit dernière, j'ai bien falli faire une grosse bêtise ! Il faut passer son temps à réfléchir à ce qui va se passer et il y a beaucoup de gamberge.
La bagarre s'annonce intense dans les mois qui viennent car le niveau des marins a franchement changé ! Il n'y en a pas un qui veut lâcher... Et moi non plus ! Quand on est tout seul, c'est vraiment plus compliqué et il y a beaucoup de travail. Le premier virement de bord devant Bahia, m'a pris une bonne demie heure... C'est dire qu'il ne faut pas chômer et le temps passe finalement très vite à bord puisqu'il y a toujours quelque chose à faire. Ce sont des bateaux assez durs à mener, passionnants et finalement assez véloces. Gitana Eighty est un très bon bateau, bien préparé et quand on voit que son sistership sur la Barcelona World Race, Paprec-Virbac, est en tête, cela démontre qu'il a un très bon potentiel ! "
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