COMMUNIQUÉ DU 22 décembre 07

 

Clap de fin

 

Quinze monocoques au départ de Salvador de Bahia, douze solitaires à l’arrivée à Port la Forêt, la transat Ecover-BtoB n’a pas été une promenade de santé pour tous les candidats au prochain Vendée Globe qui ont ainsi pu se qualifier un an avant le coup de canon aux Sables d’Olonne…

 

 

Sous les chaleurs tropicales du Brésil, les discours des navigateurs étaient limpides : l’objectif premier sur cette transat Ecover-BtoB était de se qualifier pour le tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Mais comme une course reste avant tout une compétition, il n’a pas fallu plus de quelques minutes pour constater que les quinze solitaires voulaient aussi en découdre sur un parcours technique de 4 120 milles, quasiment identique à la fin d’un Vendée Globe… Pour beaucoup de marins, cette épreuve était aussi une première : première transat en solitaire à bord de son monocoque et/ou première transat en solo à bord d’un 60 pieds… Bref, il y avait de quoi apprendre, réviser, infirmer ou confirmer les choix, valider, contrôler, fiabiliser et surtout se comparer par rapport à des prototypes tout juste sortis des ateliers !

 

Groupés jusqu’au Pot

 

Et très clairement, la première partie de la course a été pour le moins surprenante ! Huit bateaux qui naviguent à vue en passant l’équateur soit plus de 1 000 milles après le départ, cela ne s’était jamais vu sur une transat en solitaire en monocoque Imoca… Une sorte de prélude à ce qui attend les futurs concurrents du tour du monde ? Probablement, car incontestablement, le niveau des marins et le potentiel des bateaux de la nouvelle génération s’avèrent extrêmement homogènes. En revanche, les « anciens » voiliers ont montré que, dans ces conditions de navigation contre le vent, ils n’avaient pas la puissance des derniers-nés. Mais l’enseignement vient surtout du cumul d’avaries plus ou moins importantes qui ont touché presque tous les bateaux, à l’exception de Samantha Davies (Roxy) qui a remarquablement géré sa course sans aucun souci technique… Il n’en a pas été de même pour les autres avec les démâtages (encore inexpliqués) d’Armel Le Cléac’h (Brit Air), contraint de rallier le Cap Vert après un ravitaillement en mer, et de Dee Caffari (Aviva), remorquée par le Ibaizabal Uno et arrivée à La Corogne vendredi dernier à 21h37. Mais c’est aussi Mike Golding (Ecover) qui a été obligé d’abandonner suite à des problèmes redondants de ballasts et surtout de moteur, au point de jeter l’éponge aux Canaries.

 

Pour les autres duos skipper-bateau, les avaries impliquaient autant l’électronique comme Loïck Peyron (Gitana Eighty) et les ballasts comme Kito de Pavant (Groupe Bel) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), que le bout dehors tel Michel Desjoyeaux (Foncia), la quille avec le vérin cassé de Marc Guillemot (Safran), le gréement comme Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) et Derek Hatfield (Spirit of Canada) ou les voiles à l’image de Yann Eliès (Generali), Yannick Bestaven (Cervin EnR), Arnaud Boissières (Akena Vérandas), Rich Wilson (Great American III)… Les travaux d’hiver s’annoncent donc conséquents pour juguler cette « maladie » de jeunesse et cette fiabilité insuffisante, du moins pour un tour du monde en solitaire sans escale et surtout, sans assistance ! Au vu des soucis qui ont aussi touché les tandems de la Barcelona World Race, équipes techniques et concepteurs ont de quoi s’occuper en cette nouvelle année…

 

Le bilan purement course montre tout de même que le rythme est très élevé au point que les machines sont très sollicitées et que les hommes (et femmes) n’ont pas franchement de temps libre à bord ! La victoire de Loïck Peyron avec un écart relativement modeste sur ses deux poursuivants, montre aussi que les nouveaux monocoques sont très rapides dans ces conditions météorologiques qui ont favorisé les allures de près et de débridé, avec finalement une grande diversité architecturale puisque derrière le plan Farr, vient un dessin de VPLP-Verdier, un autre plan Farr, un concept du Groupe Finot et un autre plan VPLP-Verdier… talonné par un voilier de la génération 2004, premier plan Farr conçu. Prochain rendez-vous pour les monocoques Imoca : The Transat Artemis en mai 2008. Mais en tout état de cause, la transat Ecover-BtoB aura été plus qu’une validation qualificative pour le Vendée Globe : elle a marqué un tournant dans la préparation des solitaires qui ont pu appréhender le rythme qui s’imposera en novembre prochain et l’importance primordiale de la fiabilité des machines.

 

Arrivées à Port la Forêt :

1-Loïck Peyron (Gitana Eighty) en 14j 09h 13' 25''

2-Kito de Pavant (Groupe Bel) en 14j 12h 22' 49'', à 3 heures 09 minutes 24 secondes du premier

3-Michel Desjoyeaux (Foncia) en 14j 13h 43' 24", à 4 heures 29 minutes et 59 secondes du premier

4-Yann Eliès (Generali) en 14j 19h 22' 02'', à 10 heures 07 minutes 37 secondes du premier

5-Marc Guillemot (Safran) en 15j 08h 25' 44'', à 23 heures 12 minutes 19 secondes du premier

6-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) en 15j 16h 24'34'', à 1 jour 07 heures 09 minutes 09 secondes du premier

7-Samantha Davies (Roxy) en 17j 17h 38' 46'', à 3 jours 08 heures 25 minutes 21 secondes du premier

8-Yannick Bestaven (Cervin EnR) en 18j 00h 57' 48'', à 3 jours 15 heures 44 minutes 23 secondes du premier

9-Arnaud Boissières (Akena Vérandas) en 19j 00h 57' 26'', à 4 jours 15 heures 44 minutes 01 secondes du premier

10-Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) en 20j 06h 21' 45'', à 5 jours 21 heures 08 minutes 20 secondes du premier

11-Rich Wilson (Great American III) en 21j 23h 22’ 34’’, à 7 jours 14 heures 09 minutes 09 secondes du premier

12-Derek Hatfield (Spirit of Canada) en 22j 02h 20’ 21’’, à 7 jours 17 heures 06 minutes 56 secondes du premier.

 

Derek Hatfield (Spirit of Canada)

" Eh bien, je suis là ! C’était un combat du début à la fin… Et les quatre derniers jours, j’ai eu entre 30 et 40 nœuds et je suis éreinté par les mouvements du bateau. C’était bien autre chose que la course autour du monde Around Alone ! Ce sont des bateaux très physiques et une partie de mes problèmes techniques vient du fait que je n’étais pas assez préparé au Canada. Le pilote automatique n’en faisait qu’à sa tête et j’étais tout le temps dessus sans jamais pouvoir me relaxer… C’était ma première course sur un monocoques de 60 pieds et j’ai vraiment beaucoup appris : d’abord je n’étais pas au niveau physique requis et je n’ai exploité que 70% du potentiel du bateau. J’ai perdu d’abord mon génois, puis j’ai eu des soucis d’hydraulique, et j’ai perdu aussi mon foc solent et ma trinquette dans la foulée ! J’ai donc fini avec mon foc de brise et ce fut un plaisir et un honneur d’être accueilli par Michel Desjoyeaux à l’arrivée… Maintenant, je vais pouvoir passer Noël en famille et en France… »

 

Rich Wilson (Great American III)

C’est vraiment un grand moment que d’être au port ! Je ne suis pas sûr que je me sois fait plaisir car c’était très dur… Physique et violent ! Pas étonnant dans le golfe de Gascogne en décembre ! J’ai appris énormément sur le bateau puisque je n’avais passé que trois mois à bord avant de traverser l’Atlantique pour prendre le départ de la transat Jacques Vabre. Et là, j’ai accumulé 14 000 milles depuis le 6 octobre ! Ca fait beaucoup et je suis rincé… A un moment, c’était le chaos total au cap Finisterre avec des grains toutes les trente secondes : on s’est fait secouer… J’ai pris des coups partout mais il y a eu des instants magiques comme ces ciels étoilés, les poissons volants, les dauphins et les multiples Pot au Noir que nous avons subi, même aux Açores ! Et puis Dee a démâté : je dois lui dire combien je l’admire surtout après ses problèmes au départ. Au final, il reste une question en suspens, non pas pourquoi les bateaux ont eu autant d’avaries, mais comment ces machines arrivent-elles à subir de telles contraintes ? »

 

Dee Caffari (Aviva)

« Il y a vingt heures, je posais le pied à terre pour la première fois après vingt-trois jours de mer. J’ai pris une douche, j’ai mangé, j’ai bu et j’ai dormi dans un lit et pour être honnête, j’ai l’impression d’être une nouvelle femme ! Quand je suis descendue sur le ponton vendredi soir, j’ai vraiment senti mes jambes vaciller. Le soulagement était clair non seulement dans mes larmes et l’émotion ressentie mais aussi dans le fait que mon corps montrait enfin les signes du stress des deux derniers jours. Je me suis réveillée plusieurs fois pendant la nuit, et occasionnellement, je me demandais où j’étais et ce qu’il y avait à faire. Aujourd’hui, Harry et Ollie ont travaillé à bord d’Aviva. Ils ont rangé le bazar et ont sécurisé le reste du gréement et le bateau lui-même. Nous allons maintenant tous pouvoir rentrer en Angleterre à temps pour Noël. J’ai quitté la France au départ de la Transat Jacques Vabre il y a sept semaines ! Ces semaines ont été étonnantes avec beaucoup de navigation, d’action, de drame et de désastre pour vous distraire… Je pars maintenant en hibernation pour les fêtes et vais re-émerger en début d’année avec des histoires du nouveau chapitre du projet Aviva Ocean Racing et les premiers essais d’Aviva 222 en direct de Nouvelle-Zélande. »


DBo.

 

 

 

 

 

 

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14 décembre 07 - 22H05

Les images de l'arrivée et l'interview des 4 premiers

 



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