Debout sur les portières

 

Imaginez votre vie quotidienne dans une maison avec 25° de gîte. Les assiettes qui volent, les affaires jetées négligemment sur le canapé qui se retrouvent immanquablement au point le plus bas. Ajoutez y une bonne dose d’humidité et le vacarme d’une coque carbone qui tape et résonne à chaque vague et vous aurez une idée de ce qui attend les navigateurs de la Transat Ecover B to B pour, a minima, les cinq jours à venir.

 

Le près : c’est l’allure reine des régatiers entre trois bouées, quand il faut trouver le juste compromis  entre cap et vitesse, guetter les variations du vent… Parce que ça ne dure jamais longtemps et qu’ensuite viennent comme une récompense les glissades au portant sous spinnaker. Mais, au large, le près c’est un purgatoire. Il faut s’habituer à vivre penché, mettre en place des stratégies habiles pour économiser ses forces, quand il s’agit d’aller chercher dans un coin du bateau, de préférence le plus haut perché et le moins accessible, la manivelle de winch, puis l’écoute de secours, puis les petits beurres. Non content de vivre sur la tranche, il faut affiner ses stratégies : faire la balance entre ce que coûte en temps comme en fatigue un virement de bord et l’avantage qu’il procurera suite à un changement d’angle du vent bien négocié. « Voyons 5° de bascule du bon côté me donne actuellement un avantage sur la route de 10% sur mes petits camarades du mauvais côté. Faut-il virer de bord pour engranger, attendre en espérant mieux ? Mais si le vent tourne du mauvais bord par la suite ?» Le régatier de triangle qui s’apparente à un épicier de gros, n’hésitera pas, quant à lui, à passer à la caisse. Il a un équipage pour manœuvrer, un bateau adapté. Le solitaire sur son 60 pieds y regardera à deux fois : il faudra rouler le génois, dérouler la trinquette, vider les ballast, changer tout le matériel de bord pour être enfin paré à virer. Une préparation d’un quart d’heure à une demi-heure à plein régime qui vous laisse sur les rotules accompagnée parfois d’un irrépressible mal de mer. Et tout çà pour constater, une fois la manœuvre terminée que le vent a repris sa direction d’origine et qu’on a fait tout le boulot pour rien.

Alors, à moins d’être sur de son coup, on prend son mal en patience. On vit « debout sur les portières », on barre tant qu’on peut parce qu’au bout du compte, c’est le moins pire, même si on prend quelques paquets de mer. On vivote entre grignotage, coup d’œil à la navigation, réglages des voiles… Une soupe chaude devient un exploit, un routage sur ordinateur une délivrance… Et l’on attend le moment où l’on va pouvoir choquer les écoutes, retrouver les plaisirs de la glisse.

Soyons juste : il existe un endroit merveilleux au près. Calé au vent, quand la toile anti-roulis bloque confortablement le dos, la plus petite bannette de mer devient un éden… Mais quand on est course, ce n’est quand même pas pour dormir.

PF B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 décembre 07 - 22H05

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Finalmente, uma regata transatlântica que parte do Brasil…..betek Breizh !